D’après la récente synthèse de Vicat (1998), le substratum du bassin du Nyong est constitué par deux ensembles principaux (Figure 2). (1) Au Sud, le groupe du Ntem, correspondant à la bordure septentrionale du craton du Congo, stable depuis environ 2000 Ma ; ce complexe comprend d’Est en Ouest les séries d’Ayina, du Ntem et du Nyong. Les formations plutoniques sont constituées de granitoïdes appartenant à deux lignées mises en place au cours d’épisodes successifs : les charnockites libériennes (vers 2900 Ma), et les granites plus potassiques et leucocrates (2700-2600 Ma). Au sein de ces roches, de fréquentes intrusions en relation avec différents épisodes tectoniques ont été décrites : ceintures de roches vertes, particulièrement abondantes à l’Ouest avec les sillons ferrifères, série rubanée à gneiss, corps de dolérites, gabbro et rarement de péridotites. (2) Au Nord, la zone mobile fortement affectée par l’orogénèse panafricaine (600-500 Ma), qui représente la terminaison occidentale de la chaîne des Oubanguides ; y ont été distinguées (a) plus au Nord, la série de Yaoundé, formée de gneiss et de migmatites à grenats, provenant d’anciens sédiments granitisés et métamorphisés dans le faciès granulite, qui ont été charriés vers le Sud ; et (b) au contact avec le craton, la série d’Ayos-Mbalmayo-Bengbis, essentiellement constituée de chloritoschistes et de quartzites, interprétée comme la semelle rétrométamorphisée de la nappe panafricaine.

 

Figure 2. Geology map of the Nyong watershed
Figure 2. Géologie du bassin versant du Nyong

Les quelques échantillons de roches mères qui ont pu être prélevés sur le bassin expérimental de Nsimi (plusieurs forages, un affleurement très localisé) montrent deux faciès bien distincts : une monzonite nettement leucocrate à gros éléments de quartz souvent bleutés, et une granodiorite à passées riches en ferromagnésiens.