Pour sa cartographie phytogéographique de l’ensemble du territoire camerounais, Letouzey (1985) a distingué six domaines: congolais, congo-guinéen, soudanien et sahélien (en allant du Sud vers le Nord), ainsi que la façade atlantique et les zones d’altitude.


Le triangle Yaoundé-Sangmélima-Abong Mbang, compris entre les zones de savanes herbeuses et arbustives au Nord, la forêt atlantique sempervirente à l’Ouest et au Sud, et la forêt congolaise à l’Est, appartient au domaine de la forêt congo-guinéenne semi-décidue à Stertuliacées et Ulmacées ; de celle-ci ne subsistent que des plages discontinues entourées par des zones à végétation souvent très dégradée. Parmi les espèces caractéristiques de ce milieu, on peut citer Lophira alata et Pycnantus angolensis, ou Gilbertiodendron dewervei et Bailonella toxisperma à l’approche de la réserve du Dja, des groupements saxicoles apparaissant dans les secteurs de recrû forestier ; les dépressions marécageuses sont colonisées par Raphia cf montbuttorum. Dans la partie amont du bassin, les forêts marécageuses à Stertulia subviolacea passent vers l’aval à des prairies aquatiques à Echinochloa pyramidalis.

Sur le bassin de Nsimi, les collines et les versants sont recouverts par la forêt secondaire, la forêt « vierge » ne subsistant plus qu’en de rares lambeaux à l’échelle de la région ; certaines zones ont été déboisées pour laisser la place aux cultures traditionnelles essentiellement vivrières (manioc, macabo, banane plantain, arachide, maïs…). Ces parcelles, sur lesquelles n’est utilisé aucun engrais, retournent en friche au bout de quelques années, tandis que d’autres sont à leur tour déboisées et mises en culture. Le bas fond marécageux est le domaine des raphiales.